À retenir : l’albuminurie correspond à la présence d’albumine dans les urines. La microalbuminurie est une ancienne appellation couramment utilisée pour décrire une augmentation modérée de cette excrétion. Son dosage peut contribuer au dépistage et au suivi d’une maladie rénale chronique, notamment chez les personnes présentant des facteurs de risque. Ce guide explique albuminurie; albumine dans les urines; microalbuminurie et les points essentiels à connaître.(voir signal d’alerte précoce)
- L’albumine est une protéine habituellement retenue par les filtres des reins.
- La présence répétée d’albumine dans les urines doit être interprétée avec d’autres éléments du bilan rénal.
- Le dosage repose généralement sur un échantillon d’urine et peut être exprimé par un rapport albumine/créatinine.
- Un résultat isolé ne suffit pas à établir un diagnostic.
- Le dépistage et le suivi dépendent du contexte médical et de l’évaluation d’un professionnel de santé.
Qu’est-ce que l’albuminurie ?
L’albuminurie désigne la présence d’albumine dans les urines. Cette protéine, produite par le foie, circule normalement dans le sang et est en grande partie retenue par les glomérules, les structures des reins qui participent à la filtration du sang.
Lorsque les filtres rénaux laissent passer davantage d’albumine, une anomalie peut être détectée par une analyse urinaire. Cette anomalie peut constituer un signal utile dans l’évaluation d’une maladie rénale chronique, mais elle ne permet pas, à elle seule, d’en déterminer la cause ni la gravité.
Microalbuminurie : une appellation encore utilisée
Le terme microalbuminurie est encore présent dans de nombreux contenus et comptes rendus. En pratique, les recommandations récentes privilégient généralement la notion d’albuminurie et sa classification selon le niveau d’excrétion d’albumine.
La microalbuminurie ne signifie pas que l’albumine est visible à l’œil nu dans les urines. Elle correspond à une quantité mesurable par des méthodes de laboratoire. Il s’agit donc d’un résultat biologique qui doit être replacé dans son contexte, avec les antécédents, les traitements, la tension artérielle, la glycémie et les autres examens rénaux.
Pourquoi rechercher de l’albumine dans les urines ?
La recherche d’albumine dans les urines participe à l’évaluation de la fonction rénale. Elle peut aider à repérer une atteinte rénale à un stade où les symptômes sont absents ou peu spécifiques. La maladie rénale chronique étant souvent silencieuse au début, le dépistage ciblé des personnes exposées à un risque particulier occupe une place importante dans le parcours de soins.(voir guide sur la microalbuminurie chez les diabétiques)
Une albuminurie peut également être associée à un risque cardiovasculaire plus élevé dans certaines situations. Cette association ne signifie pas qu’un résultat anormal annonce nécessairement une complication. Elle rappelle l’intérêt d’une évaluation globale et d’un suivi médical adapté.
La Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT) souligne l’importance du dépistage et de la prévention de la maladie rénale chronique. La Haute Autorité de santé (HAS) consacre également des recommandations à l’évaluation et à la prise en charge de cette maladie.
Comment se déroule le dosage de l’albumine urinaire ?
Le dosage est réalisé à partir d’un prélèvement d’urine. Selon la situation, le professionnel de santé peut demander un échantillon ponctuel ou un recueil urinaire organisé selon des modalités précises. Le laboratoire mesure la quantité d’albumine et peut la rapporter à la créatinine urinaire afin de tenir compte de la concentration de l’échantillon.(voir source Santé Magazine)
Le rapport albumine/créatinine, souvent abrégé en ACR, est donc un indicateur utilisé pour apprécier l’albuminurie. Le compte rendu précise l’unité et la méthode employées. Il est important de ne pas comparer directement deux résultats exprimés dans des unités différentes.
Une élévation ponctuelle ne permet pas toujours de conclure à une albuminurie persistante. Le professionnel peut demander un nouveau prélèvement afin de vérifier le résultat et de tenir compte du contexte clinique. Une infection urinaire, un épisode fébrile, un effort physique important ou d’autres circonstances peuvent influencer temporairement certains résultats urinaires.
Comment interpréter un résultat d’albuminurie ?
L’interprétation dépend de la valeur mesurée, de l’unité, de la répétition du résultat et des autres données disponibles. Le médecin ou le biologiste peut notamment rapprocher l’albuminurie de la créatinine sanguine, du débit de filtration glomérulaire estimé, de la tension artérielle et des antécédents médicaux.
| Élément évalué | Ce qu’il apporte |
|---|---|
| Albuminurie | Mesure de l’albumine excrétée dans les urines. |
| Rapport albumine/créatinine | Interprétation de l’albuminurie en tenant compte de la concentration urinaire. |
| Créatinine sanguine et débit de filtration glomérulaire estimé | Évaluation complémentaire de la fonction de filtration des reins. |
| Répétition du dosage | Vérification du caractère persistant ou non de l’anomalie. |
Un résultat anormal ne signifie pas automatiquement qu’une maladie rénale chronique est présente. À l’inverse, un résultat normal à un instant donné ne remplace pas une évaluation médicale lorsque des facteurs de risque existent. Seul un professionnel de santé peut interpréter le bilan dans son ensemble.
Quelles situations peuvent justifier une surveillance ?
La surveillance de l’albuminurie peut être envisagée dans le cadre du suivi de personnes présentant un diabète, une hypertension artérielle, une maladie cardiovasculaire ou une maladie rénale connue. Elle peut aussi être demandée lorsque d’autres éléments du bilan orientent vers une atteinte rénale.(voir Lire davantage sur l’importance du marqueur rénal)
La fréquence des examens n’est pas identique pour tout le monde. Elle dépend notamment du diagnostic, de l’évolution des résultats, de l’âge, des traitements et des recommandations du professionnel qui assure le suivi. Il n’est pas recommandé de déterminer soi-même une fréquence de contrôle à partir d’un résultat isolé.
Que faire en cas d’albuminurie élevée ?
La première étape consiste à discuter le résultat avec le professionnel de santé qui l’a prescrit. Celui-ci peut vérifier les conditions du prélèvement, rechercher une cause temporaire, demander une confirmation et compléter le bilan si nécessaire.
La prise en charge dépend de la cause identifiée et du profil de chaque personne. Elle peut inclure le suivi de la pression artérielle, de la glycémie, de la fonction rénale et des facteurs cardiovasculaires. Les traitements éventuels sont prescrits et adaptés par un professionnel de santé. Il ne faut pas modifier ou interrompre un traitement sur la seule base d’un résultat lu en ligne.
Une alimentation équilibrée, l’activité physique adaptée à l’état de santé et l’arrêt du tabac peuvent faire partie des conseils généraux de prévention. Ils ne remplacent pas le suivi médical et doivent être adaptés aux éventuelles maladies ou contraintes personnelles.
Questions fréquentes
Albuminurie et microalbuminurie désignent-elles la même chose ?
La microalbuminurie est une ancienne appellation souvent utilisée pour parler d’une augmentation modérée de l’albumine urinaire. Le terme albuminurie est aujourd’hui privilégié dans de nombreux documents médicaux. Le résultat doit être interprété selon la classification et les unités indiquées par le laboratoire.
Une albuminurie signifie-t-elle forcément une maladie rénale ?
Non. Une albuminurie peut être transitoire ou liée à différentes situations. Un résultat isolé ne suffit pas pour poser un diagnostic. Une confirmation et une interprétation médicale peuvent être nécessaires.
Faut-il avoir des symptômes pour rechercher de l’albumine dans les urines ?
Non. Une maladie rénale chronique peut rester silencieuse pendant une période prolongée. La recherche d’albumine peut donc être proposée dans le cadre d’un dépistage ciblé ou d’un suivi médical, même en l’absence de symptôme spécifique.
Le dosage est-il réalisé uniquement sur des urines de 24 heures ?
Non. Selon le contexte, le laboratoire peut analyser un échantillon ponctuel ou un recueil réalisé sur une durée déterminée. Les modalités sont précisées par le professionnel de santé et le laboratoire.
Peut-on interpréter seul son rapport albumine/créatinine ?
Il est préférable de demander une explication au professionnel qui suit votre dossier. L’unité, les valeurs de référence du laboratoire, les résultats précédents et les autres examens sont nécessaires pour interpréter correctement ce rapport.
Ressources complémentaires
- Microalbuminurie et analyse urinaire de l’albumine
- Microalbuminurie dans le cadre du diabète
- Analyse de l’albumine dans les urines
- Microalbuminurie et signal d’alerte rénal
Sources
- Haute Autorité de santé (HAS) — Maladie rénale chronique de l’adulte
- Société francophone de néphrologie, dialyse et transplantation (SFNDT) — Recommandation sur le diabète et la maladie rénale chronique
- SFNDT — Dépistage de la maladie rénale chronique
- SFNDT — Maladie rénale chronique : dépistage, prévention et prise en charge
Ce contenu est fourni à titre informatif. Il ne remplace pas l’avis d’un professionnel de santé, un diagnostic ou une consultation médicale. En cas de question concernant un résultat d’analyse, demandez conseil à votre médecin ou à votre laboratoire.

