Repas équilibré à domicile avec poisson, riz et légumes pour illustrer l’alimentation après dialyse

Alimentation après dialyse : les repères essentiels

L’alimentation après dialyse reste personnalisée. Après une séance d’hémodialyse, il n’existe pas de repas standard valable pour tous les patients : les quantités de liquides, de protéines, de sel, de potassium et de phosphore dépendent notamment des résultats biologiques, de la diurèse résiduelle, du poids, des apports nutritionnels et des consignes de l’équipe de néphrologie.

L’objectif n’est pas de multiplier les interdits, mais de préserver un état nutritionnel satisfaisant tout en limitant les déséquilibres susceptibles de survenir lorsque les reins n’éliminent plus correctement certaines substances. Les recommandations doivent donc être définies avec le néphrologue et le diététicien, puis réévaluées régulièrement.

Après une séance d’hémodialyse : faut-il manger différemment ?

La séance d’hémodialyse ne signifie pas qu’il faut improviser un repas de récupération ou modifier seul son alimentation. Le repas pris après la dialyse doit s’inscrire dans le plan nutritionnel établi pour la personne. Il peut être nécessaire de tenir compte de la fatigue, de l’appétit, des nausées éventuelles ou d’une perte de poids, mais ces situations doivent être signalées aux professionnels qui suivent le patient.

Une alimentation variée et suffisamment énergétique aide à éviter la dénutrition. À l’inverse, une restriction excessive peut réduire les apports et fragiliser davantage la personne. Le suivi ne porte donc pas uniquement sur les minéraux : le poids, l’appétit, les habitudes alimentaires et les résultats des bilans sont également importants.(voir afidtn.com)

Les principaux points de surveillance dans l’alimentation

Le sel et le sodium

Une consommation importante de sel peut favoriser la soif et la rétention d’eau. Chez une personne hémodialysée, cela peut compliquer la gestion des liquides entre deux séances et participer à une hausse de la pression artérielle. Il est généralement utile de limiter les aliments très salés et de comparer les étiquettes des produits industriels.

  • Limiter les charcuteries, plats préparés, soupes industrielles, biscuits apéritifs et sauces très salées.
  • Privilégier les aliments peu transformés lorsque cela est compatible avec les recommandations du diététicien.
  • Utiliser des herbes, des épices, de l’ail, des oignons ou du jus de citron pour donner du goût sans ajouter systématiquement du sel.
  • Éviter de remplacer le sel par un substitut contenant du chlorure de potassium sans en parler à l’équipe médicale.

L’Anses rappelle que certains substituts du sel à base de potassium peuvent présenter un risque pour les personnes souffrant d’insuffisance rénale. La mention « sans sodium » ne signifie donc pas que le produit convient automatiquement à une personne dialysée.

Le potassium

Le potassium est indispensable au fonctionnement des muscles et du cœur, mais une concentration trop élevée dans le sang peut être dangereuse. La quantité à consommer ne peut pas être fixée à partir d’une liste universelle d’aliments : elle dépend notamment de la kaliémie et des autres traitements.

Il est préférable de demander au diététicien quels aliments sont à limiter, quelles portions choisir et quelles méthodes de préparation utiliser. Il ne faut pas supprimer seul tous les fruits et légumes, car une restriction trop large peut appauvrir l’alimentation.

  • Lire la composition des produits transformés et repérer la présence éventuelle de potassium ajouté.
  • Ne pas utiliser de sel de régime à base de potassium sans validation médicale.
  • Suivre les consignes de préparation des légumes données par le diététicien lorsque le potassium doit être réduit.
  • Signaler rapidement tout changement important d’alimentation ou de consommation de compléments.

Le phosphore et le calcium

Le phosphore et le calcium sont suivis dans le cadre de la maladie rénale chronique. Lorsque les dosages sanguins sont anormaux, le professionnel de santé peut expliquer quels aliments et quels additifs doivent être surveillés. La Haute Autorité de santé souligne notamment l’intérêt d’identifier les sources de phosphore et de tenir compte du phosphore inorganique présent dans certains additifs.

Le but n’est pas de supprimer systématiquement tous les produits laitiers, les aliments protéinés ou les produits végétaux. Une limitation mal conduite pourrait réduire les apports nutritionnels. Les choix doivent être adaptés aux résultats biologiques, au traitement prescrit et au risque de dénutrition.

  • Comparer les étiquettes des produits transformés et rechercher les additifs contenant des phosphates lorsque cela est recommandé.
  • Demander au diététicien comment conserver des apports suffisants en protéines et en énergie.
  • Ne pas modifier ou arrêter un chélateur du phosphore prescrit sans avis médical.

Les protéines

Les besoins en protéines ne sont pas identiques avant et après le début d’une dialyse. En hémodialyse, la prévention de la dénutrition est un objectif important, mais la quantité adaptée dépend de la situation clinique. Elle doit être définie par le médecin ou le diététicien, sans reprendre une valeur générale trouvée sur Internet.

Selon le plan établi, les sources de protéines peuvent inclure des aliments comme le poisson, la viande, les œufs ou certains produits laitiers. Le choix et les portions doivent toutefois être conciliés avec la surveillance du phosphore, du sel, du potassium et de l’état nutritionnel.

Une perte de poids involontaire, une baisse persistante de l’appétit, des nausées répétées ou une grande fatigue doivent être signalées. Ces signes peuvent nécessiter une évaluation nutritionnelle, mais ils ne permettent pas de conclure seul à une cause précise.

Quelle quantité de liquide après la dialyse ?

La quantité de liquide autorisée entre deux séances est individuelle. Elle dépend notamment de la quantité d’urines produite, du poids, de la tension artérielle, de la présence éventuelle d’œdèmes et des objectifs fixés par l’équipe de dialyse. L’eau, les boissons, les soupes, les glaces et une partie de l’eau contenue dans certains aliments peuvent entrer dans le décompte demandé au patient.

Il ne faut ni se forcer à boire ni restreindre brutalement les liquides sans consigne. Une soif inhabituelle, une prise de poids rapide entre deux séances, des gonflements ou un essoufflement doivent être signalés à l’équipe soignante. L’Assurance Maladie rappelle que les apports en boissons doivent être adaptés à l’état de santé et à la quantité d’urines produite.

Les compléments alimentaires sont-ils nécessaires ?

Un complément alimentaire, une vitamine ou un produit enrichi en minéraux n’est pas anodin en cas d’insuffisance rénale. Certains produits peuvent apporter du potassium, du phosphore ou d’autres substances qui ne conviennent pas à la situation du patient. La prise d’un complément doit donc être discutée avec le néphrologue ou le pharmacien, y compris lorsqu’il est vendu sans ordonnance.

Il ne faut pas utiliser un complément pour compenser seul une perte d’appétit, une fatigue ou une carence supposée. Le professionnel de santé peut s’appuyer sur l’examen clinique et les bilans pour déterminer si une prise en charge particulière est nécessaire.

Conseils pratiques pour organiser les repas

  • Préparer les repas à l’avance lorsque la fatigue après la séance rend la cuisine difficile.
  • Conserver les consignes écrites du diététicien et les prendre avec soi lors des consultations.
  • Lire les étiquettes en vérifiant la teneur en sel et la présence éventuelle d’additifs contenant du phosphore ou du potassium.
  • Peser ou mesurer les portions uniquement si cette méthode a été proposée par le professionnel qui suit le patient.
  • Prévenir l’équipe en cas de perte de poids, de baisse d’appétit, de vomissements ou de diarrhée.
  • Ne pas modifier seul les médicaments, les chélateurs du phosphore, les compléments ou les quantités de boissons.

Questions fréquentes sur l’alimentation après dialyse

Peut-on manger normalement après une séance ?

Il est possible de manger selon son plan alimentaire habituel, sauf consigne particulière de l’équipe de néphrologie. Le repas doit tenir compte de l’appétit, de la tolérance digestive et des objectifs nutritionnels définis pour la personne.

Faut-il consommer davantage de protéines après la dialyse ?

Pas nécessairement après chaque séance. Les besoins sont évalués sur l’ensemble de la prise en charge, en fonction de l’état nutritionnel, du poids, des bilans et des recommandations de l’équipe soignante.

Faut-il supprimer les fruits et les légumes ?

Non. Une suppression générale n’est pas adaptée à tous les patients et peut déséquilibrer l’alimentation. Les choix, les portions et les préparations doivent être individualisés selon la kaliémie et les conseils du diététicien.

Peut-on boire à volonté après la séance ?

La quantité de boissons reste encadrée par les consignes personnelles de l’équipe de dialyse. La séance ne justifie pas de boire davantage ou de modifier seul la quantité habituelle.

À retenir

L’alimentation après dialyse doit rester personnalisée. Les priorités sont de maintenir des apports nutritionnels suffisants, de respecter les consignes de liquides et de surveiller le sel, le potassium, le phosphore et les protéines selon les résultats de chaque patient. Un diététicien spécialisé peut aider à construire des repas compatibles avec les habitudes, les goûts et les contraintes de la vie quotidienne.

Les ressources suivantes sont conservées pour approfondir le sujet : conseils alimentaires en hémodialyse, document de l’AFIDTN, guide de nutrition pour les patients dialysés et conseils diététiques pour patient dialysé.(voir saintluc.be)

Sources

Ce contenu est informatif et ne remplace pas l’avis du néphrologue, du médecin traitant, du pharmacien ou du diététicien. Toute modification de l’alimentation, des boissons, des compléments ou des traitements doit être discutée avec un professionnel de santé.

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About the author
Arthur Lefevre
Arthur Lefevre rédige des contenus d’information générale sur la santé et le bien-être pour Nephronor. Il ne se présente pas comme médecin. Ses articles ont un objectif de vulgarisation, s’appuient autant que possible sur des sources institutionnelles ou scientifiques citées et ne remplacent jamais l’avis d’un professionnel de santé.

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